Cette année, la convention nationale de travail du secteur principal de la construction (CN) qui concerne environ 80 000 travailleurs expire et doit être renégociée entre les syndicats et la SSE. Les négociations sont en cours depuis plusieurs mois, mais aucune solution n’est en vue. Il est minuit moins une pour trouver une solution pour début 2026 afin d’éviter un vide conventionnel.
Les maçons ont massivement répondu à l’appel
Après les premières grandes journées de protestation au Tessin (le 20 octobre) et à Berne (le 31 octobre), la vague de protestation atteint désormais toute la Suisse romande avec des mobilisations décentralisées ce 3 novembre. Des points de rassemblement ont été organisés dans tout le canton de Vaud dès 7h ce matin vers lesquels tous les travailleurs se sont rendus pour se déplacer en cars jusqu’à Lausanne-Ouchy ; des transports ont également été organisés directement depuis les plus grands chantiers. Alors que la grève a été votée dans une assemblée générale de 900 travailleurs début octobre, ce sont plus de 4000 travailleurs qui se sont réunis sur la Place de la Navigation à Lausanne ce lundi. L’appel à la mobilisation a donc été massivement suivi.
Rassemblement sur la Place de la Navigation
Dans l’assemblée de ce lundi, le responsable vaudois du secteur construction d’Unia Pietro Carobbio a salué la mobilisation et fait le point sur le blocage des négociations avec Nico Lutz, membre du comité directeur et responsable du secteur construction sur le plan national. Un membre du comité vaudois des maçons a souligné la nécessité de voir des progrès sociaux dans la convention nationale pour assurer l’attractivité de la branche mais surtout pour permettre une vraie conciliation entre obligation professionnelle et familiale. Les travailleurs de la construction sont à bout ! Les horaires de travail doivent permettre de vivre une vie de famille. Le secrétaire régional d’Unia Vaud Arnaud Bouverat a appelé le patronat à davantage de cohérence : la pénurie de travailleurs qualifiés impose d’améliorer la CN et non de la démanteler. Les travailleurs ont montré tout au long de la journée une détermination claire à poursuivre la mobilisation s’ils n’étaient pas entendus.
Manifestation dans les rues de Lausanne
En début d’après-midi, le cortège de plus de 4000 maçons a quitté la Place de la Navigation, pour monter vers l’emblématique chantier de la gare de Lausanne, totalement arrêté pour se terminer sur la Place de la Riponne, siège de la Région Vaud du syndicat Unia. Au cours du cortège, les maçons ont exprimé leur colère contre la SSE et appelé à une meilleure reconnaissance de leur métier.
Des améliorations nécessaires pour l’avenir de la branche
Pour les travailleurs de la construction, une chose est claire : sans conditions de travail plus attractives, la branche court à sa perte. Ni le maintien des conditions actuelles, ni les détériorations radicales proposées par les dirigeants de la SSE ne sont envisageables. Les revendications des travailleurs sont les suivantes :
Une meilleure CN est la solution à la pénurie de main d’oeuvre
Malgré une crise du personnel reconnue dans la branche, la SSE bloque toute évolution des horaires de travail et réclame au contraire des journées de travail encore plus longues pour des salaires moindres. Des horaires décents sont cruciaux pour trouver une solution au conflit du travail actuel dans la construction. Les journées excessivement longues qui accroissent la difficulté de concilier vie familiale et vie professionnelle poussent un maçon qualifié sur deux à quitter le métier. Un sur dix quitte même la profession dans les cinq premières années suivant la fin de l’apprentissage.
Une vague de protestation dans toute la Suisse
Demain mardi 4 novembre, les maçons romands se retrouveront à Lausanne, Place de la Navigation, pour un grand rassemblement et une manifestation romande cette fois-ci. Après la mobilisation à Lausanne demain, d’autres débrayages suivront encore ces prochaines semaines : le 7 novembre dans le Nord-Ouest de la Suisse, le 14 novembre à Zurich et dans d’autres régions de Suisse alémanique. Unia espère que ces actions couvrant l’ensemble du pays feront entendre raison à la SSE pour revenir à la table des négociations avec une posture plus constructive.
Syndicat Unia 2026