Dans le fief de la grève féministe, plus de 350 salarié-e-s se mobilisent pour l’égalité.

Réuni-e-s en assemblée durant une pause de midi prolongée pour l’occasion au Sentier (Vallée de Joux), les salarié-e-s de l’horlogerie ont, lors d’une action « Le temps presse », fait état de leurs revendications pour l’égalité dans la branche et affiché leur opposition à tout démantèlement de l’AVS sur le dos des femmes.

La mobilisation du 14 juin a battu son plein à la Vallée de Joux ce mardi midi. Dans le berceau historique de la grève des femmes de 1991*, plus de 350 travailleuses issues des entreprises et manufactures combières se sont réunies lors d’une pause de midi prolongée pour parler « égalité », en présence également de travailleurs solidaires. Les discours de Silvia Locatelli, secrétaire régionale d’Unia Neuchâtel, et de Tamara Knezevic, secrétaire à l’égalité d’Unia Vaud, ont ouvert l’assemblée.

Une convention et des mobilisations collectives

Dans le prolongement des précédentes mobilisations et constatant le retard accumulé dans l’acceptation de leurs revendications, les salariées de l’horlogerie ont exigé que des avancées significatives soient obtenues dans leur Convention collective de travail qui sera renégociée courant 2023. Elles ont également appelé la population à donner un signal fort contre la hausse de l’âge de la retraite des femmes soumise en votation populaire en septembre prochain.

Au pays des montres, on ne doit pas jouer la montre !

Lors d’une action intitulée « Le temps presse », des militantes ont rappelé leurs revendications. Celles-ci portent sur l’égalité salariale entre les hommes et les femmes, la conciliation entre vie privée et vie professionnelle, la mise en place d’un congé parental au sein de la branche, l’accès aux postes à responsabilité, les problématiques de harcèlement sur les lieux de travail et le maintien de bonnes conditions de retraite.

Le temps de l’égalité salariale !

L’écart salarial entre les hommes et les femmes reste l’un des plus importants dans une branche pourtant en pleine santé, fleuron de l’économie vaudoise. Les femmes occupent toujours majoritairement les postes les moins valorisés au sein des entreprises. Au vu des enjeux du prochain renouvellement conventionnel, rendez-vous est déjà pris pour une large mobilisation le 14 juin 2023 afin d’obtenir des avancées concrètes dans la branche.

* Liliane Valceschini (1937-2019) était une ouvrière de l’horlogerie et syndicaliste FTMH-Unia de la Vallée de Joux. Touchée par les inégalités dont les femmes étaient victimes, elle a été l'instigatrice de l'idée de la grève des femmes du 14 juin 1991 avec Christiane Brunner. Unia Vaud poursuit son travail pour l’égalité.