Le groupe Vaudois des entreprises de maçonnerie et du Génie civil et le Syndicat Unia ont conclu une nouvelle convention collective de travail (CCT) pour le secteur de la construction dans le canton de Vaud pour les six prochaines années. Celle-ci prévoit plusieurs avancées en matière de relève et de protection des travailleuses et travailleurs. Les partenaires sociaux demandent par ailleurs des mesures complémentaires aux autorités fédérales et cantonales.
La relève au cœur de la convention
Pour contrer la chute de 40% des nouveaux contrat d’apprentissage constatée durant les 10 dernières années et séduire davantage de jeunes de la génération Z, le Groupe vaudois des entreprises de maçonnerie et de Génie civil a pris plusieurs mesures pilotes que les partenaires sociaux ont désormais ancrés dans la Convention collective et suivi par une commission ad hoc tout au long de la validité de l’accord conventionnel.
Des vacances adaptées au besoin des jeunes
La nouvelle CCT promeut un nouveau modèle de vacances ; elles passent de 5 à 10 semaines en première année de formation et sont en dégressivité au fil de la formation. Le succès de cette option choisie déjà dans près de la moitié des nouveaux contrats d’apprentissage montre la voie à suivre et les partenaires sociaux s’engagent pour en faire la référence.
Donner des appuis et de nouvelles perspectives à l’apprentissage
Dans le but de faciliter l’apprentissage, des appuis et un mentorat sont donnés pour l’acquisition de compétences via un recours à l’intelligence artificielle et à des cours complémentaires. Ces mesures visent à rendre la formation plus attractive, donner les meilleures cartes aux jeunes pour réussir les examens et faire connaître les perspectives offertes par les métiers du gros œuvre.
Une meilleure protection de la santé contre la canicule
La nouvelle convention vaudoise consacre une meilleure protection des salarié-e-s contre la canicule. Si la température de 33°C à l’ombre est atteinte et que les entreprises ne peuvent pas organiser de travail de telle manière que les ouvriers soient au frais, elles peuvent interrompre les travaux et se faire indemniser les heures perdues dans le but de protéger la santé des travailleurs. La CCT s’aligne en cela sur les recommandations de la SUVA tout en s’appuyant toujours sur les prévisions éditées par MétéoBât VD pour prévenir et anticiper le plus possible les mesures à prendre.
La protection du revenu est la clé des nécessaires arrêts de travaux
Dans le Canton de Vaud, le système d’arrêt des travaux en cas de canicule s’appuie sur le Fond santé et sécurité des institutions vaudoises de la construction (IVC). Ce dernier a montré sa capacité à monter en puissance en délivrant 1'100’585 francs d’indemnités en 2026 pour plus de 4000 travailleurs-ses alors que les sollicitations ne dépassaient pas le tiers de ce montant il y a 5 ans. Expérience faite, ce dispositif est absolument essentiel pour assurer la faisabilité des arrêts de travaux.
Les autorités et maîtres d’ouvrage doivent faire leur part du travail
Si le recours au fonds est à saluer, les partenaires sociaux plaident pour des mesures complémentaires que les autorités doivent instituer et les maîtres d’ouvrage adopter. La première est la modification de la loi sur le chômage afin de pouvoir prendre en charge les heures perdues en cas de canicule notamment pour les travailleurs temporaires. La deuxième est de pouvoir commencer et finir plus tôt le travail en période de canicule et l’établissement d’une compétence cantonale qui décide de l’adoption de cet horaire. Enfin, les sanctions pour les retards de chantier occasionnés par les chaleurs extrêmes doivent être abandonnées par les maîtres d’ouvrage et interdites sur le plan légal.
Un partenariat pour la formation et la santé
Forts de cette CCT renouvelée et complétée, les partenaires sociaux veulent au cours de cet exercice développer leurs engagements en faveur de la formation professionnelle et la protection de la santé.
Syndicat Unia 2026