L’entreprise américaine Eaton, spécialisée dans la gestion intelligente de l’énergie, a annoncé le 2 mars dernier le projet de fermeture de ses deux filiales au Mont-sur-Lausanne et au Lieu avec au total une cinquantaine de licenciements à la clé. Une partie des emplois seront probablement transférés sur d’autres sites à l’étranger et ce alors que le géant présente un bénéfice en hausse et un carnet de commande en nette croissance sur le plan international.
Procédure de consultation bâclée
Dans des conditions difficiles et sans disposer des toutes les informations nécessaires, le personnel a livré de multiples propositions pour éviter la fermeture de deux des trois sites vaudois, envisager des alternatives aux licenciements et diminuer le nombre de licenciements. L’entreprise refuse de reconnaître une délégation de travailleurs qui s’est valablement constituée pour discuter avec la direction au cours de la procédure de consultation. La direction a d’emblée balayé la majorité des propositions, bloque l’accès à toute information supplémentaire permettant d’affiner un plan de sauvegarde et refuse toute négociation pour des mesures d’accompagnement afin d’atténuer les conséquences des licenciements. Elle remet ainsi en question les droits syndicaux et de participation prévus par la loi.
Des mesures d’accompagnement mystérieuses et aucune négociation possible
Alors que le personnel revendique des mesures d’accompagnement pertinentes, l’entreprise reste ferme sur sa position de ne pas entrer en matière sur des négociations, du fait qu’elle n’aurait pas d’obligation légale de le faire. Elle dit s’appuyer sur des standards nationaux établis par l’entreprise auxquels elle refuse de donner accès. Pour le syndicat Unia, il paraît clair que Eaton souhaite passer en force et licencier sans aucun égard ses salarié-e-s à fin mars avec une procédure de consultation alibi, qui ne respecte d’aucune manière ni l’esprit ni la lettre de la loi. Ce procédé est indigne d’un groupe comme Eaton.
Saisine de l’Office cantonal de conciliation
Au vu du refus de toute entrée en matière conforme aux droits de participation et de consultation des travailleurs et travailleuses, le personnel a décidé de saisir l’Office cantonal de conciliation en cas de litiges collectifs de travail. Le syndicat et le personnel espèrent ainsi que l’entreprise mettra en œuvre les principes éthiques qu’elle prétend défendre.
Plusieurs accords fiscaux malgré des vagues de licenciements
Il est de notoriété publique qu’Eaton a bénéficié de plusieurs accords fiscaux sur le canton de Vaud durant les deux dernières décennies. Malgré cela, Eaton annonce son projet de fermeture de deux sites et veut transférer plusieurs postes de travail à l’étranger. Ces possibles fermetures interviennent après le licenciement déjà d'une trentaine de salarié-e-s en Suisse en 2024, et près d’une dizaine de licenciements sur le site de Morges encore ce début d’année. De tels outils de promotion économique ou la manière dont ils sont mis en œuvre montrent très clairement des limites. Unia espère que des contrôles adéquats ont été ou seront effectués par les autorités compétentes car les licenciements collectifs envisagés s’annoncent en l’état coûteux pour les collectivités publiques.
Nécessité d’une politique industrielle
De telles restructurations, de plus en plus fréquentes, particulièrement au sein de multinationales en parfaite santé financière, sont révoltantes et interpellent également l’absence de politique industrielle cohérente en Suisse et dans le Canton de Vaud en particulier.
Version corrigée du communiqué de presse sur la localisation des licenciements datés de 2024.
Syndicat Unia 2026